Biodiversité et RSE : protéger le vivant, un levier de performance

Biodiversité et RSE

Lorsque l’on parle de biodiversité, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent celles d’espèces menacées ou d’espaces naturels en danger. La protection de la biodiversité est alors perçue comme une démarche avant tout éthique, parfois même comme une contrainte supplémentaire pour les entreprises. Pourtant, préserver la biodiversité ne consiste pas uniquement à « faire une bonne action ». Les écosystèmes rendent chaque jour des services essentiels à notre économie, souvent sans que nous en ayons conscience. Les intégrer dans une démarche RSE permet non seulement de réduire son impact environnemental, mais aussi de renforcer la résilience et la performance de l’entreprise.

La biodiversité : un capital naturel indispensable

Les entreprises dépendent directement ou indirectement des services rendus par la nature : qualité des sols, pollinisation, purification de l’eau, régulation du climat, ressources naturelles ou encore protection contre certains risques naturels. Lorsque ces équilibres se dégradent, les conséquences économiques apparaissent rapidement : augmentation du coût des matières premières, difficultés d’approvisionnement, baisse de la productivité agricole, tensions sur les ressources ou encore évolution des attentes des consommateurs. Préserver la biodiversité devient ainsi un véritable enjeu économique.

Exemple : Chasse à la baleine

La baleine est un acteur méconnu de la lutte contre le changement climatique. Le débat autour de la chasse à la baleine est souvent présenté sous l’angle du bien-être animal, de la préservation d’espèces vulnérables ou des différences culturelles. Un aspect est pourtant beaucoup moins connu : le rôle essentiel des baleines dans le fonctionnement des océans. Les baleines contribuent au stockage du carbone tout au long de leur vie. À leur mort, leur carcasse descend au fond des océans (phénomène appelé whale fall), où le carbone reste piégé pendant plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. Leurs déplacements et leurs déjections enrichissent également les eaux de surface en nutriments, favorisant le développement du phytoplancton, qui capte une part importante du CO₂ atmosphérique. Elles participent également à l’équilibre des chaînes alimentaires en influençant les populations de krill et de poissons. À l’échelle d’un pays comme la Norvège ou l’Islande, protéger les baleines ne représente donc pas uniquement un enjeu écologique : cela contribue également à soutenir la pêche, à développer le tourisme d’observation et à préserver des services écosystémiques essentiels.

Exemple : la gestion responsable des forêts

Le bois est une ressource renouvelable largement utilisée dans de nombreux secteurs d’activité. Cependant, lorsqu’il est issu de pratiques favorisant la déforestation ou une exploitation non durable, son utilisation contribue à la disparition de véritables puits de carbone et à l’appauvrissement de la biodiversité. À l’inverse, privilégier du bois certifié issu de forêts gérées durablement permet de concilier activité économique et préservation des écosystèmes. Les certifications forestières reposent notamment sur des principes de renouvellement des peuplements, de limitation des coupes, de protection des sols, des cours d’eau et des habitats naturels. Cette gestion permet de maintenir, voire de renforcer, la capacité des forêts à stocker du carbone au fil du temps. Les arbres captent le CO₂ atmosphérique tout au long de leur croissance et le stockent dans leur bois ainsi que dans les sols forestiers. L’objectif n’est donc pas uniquement de planter de nouveaux arbres, mais de préserver une forêt capable de se renouveler durablement tout en continuant à jouer son rôle dans la régulation du climat. Pour les entreprises, privilégier des fournisseurs engagés dans une gestion forestière responsable constitue un choix qui dépasse la seule protection de l’environnement. C’est également un moyen de sécuriser les approvisionnements, de répondre aux attentes des clients en matière de traçabilité et de démontrer un engagement concret en faveur d’une économie plus durable.

Intégrer la biodiversité dans une démarche RSE, c’est donc investir dans la résilience de son activité qui peut se traduire par des actions concrètes :

  • effectuer une analyse ACV même simplifié des produits/services
  • privilégier des matières premières issues de filières responsables
  • intégrer des critères environnementaux dans le choix des fournisseurs
  • favoriser l’éco-conception afin de réduire l’utilisation de ressources naturelles
  • préserver les espaces verts autour des sites de l’entreprise
  • sensibiliser les collaborateurs aux enjeux du vivant

Finalement, protéger le vivant n’est pas seulement une responsabilité : c’est également une opportunité de créer de la valeur sur le long terme. Apprenez en plus sur le sujet en suivant l’atelier de la fresque de la biodiversité !

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